Et si vous n’étiez plus en état de vous exprimer ? Les directives anticipées permettent de faire savoir à l’avance comment vous souhaitez être pris en charge en fin de vie. Un document peu connu mais dont l’importance est immense.
À retenir
Les directives anticipées sont contraignantes pour les médecins depuis la loi Claeys-Leonetti de 2016. Elles doivent être respectées, sauf en cas d’urgence vitale ou d’inadéquation manifeste avec la situation médicale.
À quoi servent les directives anticipées ?
🗓️ Quand faire quoi — repères temporels
- 🟢 J+1 à J+3 — Réfléchir à ses préférences en fin de vie : maintien artificiel, sédation, refus d’acharnement thérapeutique.
- 🟡 J+6 (6 jours ouvrables) — Rédiger les directives sur le formulaire officiel HAS (modèle A ou B selon état de santé) ou sur papier libre signé.
- 🔴 J+30 (1 mois) — Les remettre à son médecin traitant, à la personne de confiance, et les conserver dans son dossier médical partagé (DMP).
- 🟦 +6 mois — Relire et actualiser les directives tous les 3 à 5 ans ou si la situation médicale ou personnelle évolue significativement.
💻 À faire en ligne — raccourcis digitaux
- Sécurité sociale : ameli.fr (déclaration en ligne, suivi capital décès, mise à jour situation)
- Impôts : impots.gouv.fr (déclaration succession, demande remise gracieuse)
- Démarches générales : service-public.fr (formulaires Cerfa, infos officielles)
- FranceConnect : connexion unique pour la plupart des téléservices publics
Elles permettent d’indiquer vos souhaits concernant :
- L’intensité des soins souhaitée (acharnement thérapeutique ou limitation des traitements)
- La sédation profonde et continue en fin de vie
- La réanimation en cas d’arrêt cardiaque
- L’alimentation et l’hydratation artificielles
Qui peut les rédiger ?
Toute personne majeure et capable de discernement peut rédiger ses directives anticipées à tout moment. Elles peuvent être modifiées ou annulées à tout moment.
Comment les rédiger ?
Vous pouvez :
- Utiliser le formulaire officiel disponible sur le site du Ministère de la Santé
- Les rédiger librement (texte manuscrit ou tapé, daté et signé)
- Bénéficier de l’aide d’un médecin ou d’une personne de confiance
Conservation
Conservez vos directives anticipées dans un endroit accessible (pas au fond d’un coffre), informez votre médecin traitant et votre personne de confiance de leur existence. Vous pouvez aussi les déposer dans votre dossier médical partagé (DMP).
La personne de confiance : complémentaire aux directives
La personne de confiance est une personne que vous désignez (médecin, proche, ami) pour vous représenter et exprimer vos souhaits si vous ne pouvez plus le faire. Elle peut être consultée par les médecins. Désignez-la par écrit et informez-la de ce rôle.
Les directives anticipées sont-elles obligatoires ?
Non, elles sont facultatives. Mais leur rédaction est fortement conseillée, surtout en cas de maladie chronique ou avancée.
Que se passe-t-il si je n’ai pas rédigé de directives anticipées ?
Les médecins consultent la personne de confiance si vous en avez désigné une, puis la famille proche. En l’absence de directives et de personne de confiance, les médecins prennent les décisions dans votre intérêt selon les règles de la déontologie médicale.
Les directives anticipées sont-elles reconnues à l’étranger ?
Pas automatiquement. Chaque pays a sa propre législation. Si vous voyagez souvent, renseignez-vous sur les procédures dans les pays concernés.
L’essentiel à retenir
Les directives anticipées sont l’un des documents les plus importants que vous puissiez rédiger — pour vous-même et pour vos proches. Elles évitent aux familles de porter seules des décisions déchirantes en fin de vie. Prenez 30 minutes pour les rédiger : c’est un acte d’amour envers les vôtres.
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📞 Si vous n’êtes pas à l’aise avec internet
Un humain peut vous aider, gratuitement :
- 3939 — Allô Service Public (lun-ven 8h30-19h, sam 8h30-12h)
- France Services — agents qui font les démarches AVEC vous, en présentiel. Trouver l’antenne près de chez vous
- CCAS de votre commune — assistante sociale, orientation, parfois aide financière (mairie ou hôtel de ville)
👶 Côté enfants mineurs (si la personne décédée laisse des enfants)
- Pension d’orphelin — versée par la caisse de retraite du défunt si vous étiez à sa charge fiscale ou si l’enfant a moins de 21 ans. Demande via la caisse de retraite.
- ASF (Allocation de Soutien Familial) — versée par la CAF aux familles monoparentales. Montant : 198,29 €/mois et par enfant (2026). Demande sur caf.fr.
- Allocation parents isolés (RSA majoré) — possible si vous êtes désormais seul(e) avec enfants à charge. Simulation sur caf.fr.
- Demi-part fiscale supplémentaire — pour les veufs/veuves avec enfants à charge. Application automatique lors de la prochaine déclaration de revenus.
📍 Vous habitez loin ? Voici comment déléguer
- Procuration notariée — vous confiez la démarche à un proche local. Coût ~50 €, faisable à distance via votre notaire.
- Mandat sous seing privé — pour les démarches simples (banque, mairie), une lettre signée + copie pièce d’identité suffit souvent.
- Notaire chef de file — un seul notaire gère la succession, même si héritiers dispersés (lui transmet les pouvoirs nécessaires).
- Démarches 100% en ligne — voir l’encart « Raccourcis digitaux » en haut de cette page.
💛 Si vous êtes en difficulté financière
- CCAS de votre commune — aides exceptionnelles, secours d’urgence, accompagnement personnalisé
- Assistante sociale hospitalière si le décès a eu lieu à l’hôpital (gratuit, accès au défunt jusqu’à la sortie du corps)
- Aide à l’inhumation des indigents (article L.2223-27 du CGCT) — si la famille n’a pas les moyens, la commune du lieu du décès est obligée de prendre en charge les obsèques. Adressez-vous directement à la mairie.
- FSL (Fonds de Solidarité Logement) — pour les loyers post-décès difficiles. Demande via votre Conseil départemental.
- Remise gracieuse d’impôt (art. L.247 LPF) — possible si décès récent + difficultés financières. Demande sur impots.gouv.fr ou par courrier.