La pension de réversion est l’une des aides les moins bien comprises après un décès conjugal — et pourtant l’une des plus importantes financièrement. Elle peut représenter plusieurs centaines d’euros mensuels sur le long terme.
À retenir
La pension de réversion permet au conjoint survivant de percevoir une partie de la retraite du défunt. Pour le régime général, elle correspond à 54% de la pension du défunt sous conditions de ressources et (en général) d’âge.
Qui peut bénéficier de la pension de réversion ?
🗓️ Quand faire quoi — repères temporels
- 🟢 J+1 à J+3 — Vérifier les régimes de retraite du défunt (CNAV, Agirc-Arrco, MSA, fonction publique) via info-retraite.fr.
- 🟡 J+6 (6 jours ouvrables) — Constituer le dossier : acte de mariage, acte de décès, justificatifs de revenus, RIB du conjoint survivant.
- 🔴 J+30 (1 mois) — Déposer la demande sur info-retraite.fr ou auprès de chaque caisse — le délai de traitement est de 2 à 4 mois.
- 🟦 +6 mois — Premier versement effectif (avec rétroactivité au mois suivant le décès si demande faite dans l’année).
💻 À faire en ligne — raccourcis digitaux
- Sécurité sociale : ameli.fr (déclaration en ligne, suivi capital décès, mise à jour situation)
- Impôts : impots.gouv.fr (déclaration succession, demande remise gracieuse)
- Démarches générales : service-public.fr (formulaires Cerfa, infos officielles)
- FranceConnect : connexion unique pour la plupart des téléservices publics
- Le conjoint marié survivant
- L’ex-conjoint (si non remarié, selon les régimes)
Qui ne peut pas en bénéficier : les partenaires pacsés et les concubins, pour le régime général. Certains régimes complémentaires ou de la fonction publique peuvent avoir des règles différentes.
Les conditions pour le régime général (CNAV)
- Avoir été marié avec le défunt (durée minimale non imposée)
- Avoir au moins 55 ans
- Avoir des ressources personnelles inférieures à un plafond : 24 232 €/an pour une personne seule, 38 771,20 €/an pour un couple (montants 2026, art. R353-1 CSS). À noter : depuis le décret 2025-258 du 1er mars 2025, les conditions de réversion pour la fonction publique (RAFP, CNRACL) ont été modifiées — vérifiez auprès de votre caisse spécifique si vous étiez fonctionnaire ou ayant droit de fonctionnaire.
Conseil pratique
Si vous avez des revenus qui dépassent actuellement le plafond (activité professionnelle), vous pouvez quand même faire la demande pour les périodes futures où vos revenus baisseront. La révision est possible chaque année.
Le montant
54% de la retraite que percevait ou aurait perçue le défunt, dans la limite du plafond de ressources. Pour les régimes complémentaires (AGIRC-ARRCO), le taux est de 60%, sans condition de ressources et sans condition d’âge.
La démarche
Faites la demande à la caisse de retraite du défunt (CNAV, MSA, CNRACL selon le régime). La pension est versée avec un délai de 1 à 3 mois après la demande. Elle est rétroactive à la date du décès si la demande est faite dans les 12 mois.
Peut-on cumuler la pension de réversion avec un salaire ou sa propre retraite ?
Oui, mais dans les limites du plafond de ressources. Au-delà du plafond, la pension est réduite ou supprimée.
La pension de réversion est-elle imposable ?
Oui. Elle est soumise à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux (CSG, CRDS) selon votre tranche d’imposition.
Que se passe-t-il si je me remarie ?
Pour le régime général, le remariage ne supprime PAS le droit à la pension de réversion (art. L353-3 du Code de la Sécurité sociale). Le droit peut toutefois être suspendu si les nouvelles ressources du foyer dépassent le plafond légal. À l’inverse, dans la fonction publique (civile ou militaire), le remariage entraîne la perte définitive du droit à réversion (code des pensions civiles et militaires de retraite, art. L46). Les régimes complémentaires (Agirc-Arrco) maintiennent la réversion en cas de remariage.
L’essentiel à retenir
La pension de réversion peut représenter plusieurs centaines d’euros mensuels sur le long terme. Ne tardez pas à faire la demande — chaque mois de retard est un mois perdu. Renseignez-vous auprès de la caisse de retraite du défunt dès les premières semaines suivant le décès.
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📞 Si vous n’êtes pas à l’aise avec internet
Un humain peut vous aider, gratuitement :
- 3939 — Allô Service Public (lun-ven 8h30-19h, sam 8h30-12h)
- France Services — agents qui font les démarches AVEC vous, en présentiel. Trouver l’antenne près de chez vous
- CCAS de votre commune — assistante sociale, orientation, parfois aide financière (mairie ou hôtel de ville)
👶 Côté enfants mineurs (si la personne décédée laisse des enfants)
- Pension d’orphelin — versée par la caisse de retraite du défunt si vous étiez à sa charge fiscale ou si l’enfant a moins de 21 ans. Demande via la caisse de retraite.
- ASF (Allocation de Soutien Familial) — versée par la CAF aux familles monoparentales. Montant : 198,29 €/mois et par enfant (2026). Demande sur caf.fr.
- Allocation parents isolés (RSA majoré) — possible si vous êtes désormais seul(e) avec enfants à charge. Simulation sur caf.fr.
- Demi-part fiscale supplémentaire — pour les veufs/veuves avec enfants à charge. Application automatique lors de la prochaine déclaration de revenus.
📍 Vous habitez loin ? Voici comment déléguer
- Procuration notariée — vous confiez la démarche à un proche local. Coût ~50 €, faisable à distance via votre notaire.
- Mandat sous seing privé — pour les démarches simples (banque, mairie), une lettre signée + copie pièce d’identité suffit souvent.
- Notaire chef de file — un seul notaire gère la succession, même si héritiers dispersés (lui transmet les pouvoirs nécessaires).
- Démarches 100% en ligne — voir l’encart « Raccourcis digitaux » en haut de cette page.
💛 Si vous êtes en difficulté financière
- CCAS de votre commune — aides exceptionnelles, secours d’urgence, accompagnement personnalisé
- Assistante sociale hospitalière si le décès a eu lieu à l’hôpital (gratuit, accès au défunt jusqu’à la sortie du corps)
- Aide à l’inhumation des indigents (article L.2223-27 du CGCT) — si la famille n’a pas les moyens, la commune du lieu du décès est obligée de prendre en charge les obsèques. Adressez-vous directement à la mairie.
- FSL (Fonds de Solidarité Logement) — pour les loyers post-décès difficiles. Demande via votre Conseil départemental.
- Remise gracieuse d’impôt (art. L.247 LPF) — possible si décès récent + difficultés financières. Demande sur impots.gouv.fr ou par courrier.